Cet article a été relevé sur le site : http://www.ilmessaggero.it

Version originale en italien de Simona Orlando | Traduction en français par Desiderenzia
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Rome (8 juillet 2009)

C’est un étrange moment celui de l’adieu à Michael Jackson. Un bref salut le long d’une vie… Pour qui était adolescent dans les année ’80 il s’agit de réveiller à l’improviste les souvenirs, réécouter la colonne sonore de chaque radio et discothèque estive, revoir le visage qui mettait en lumière chaque couverture. Pour beaucoup de monde revient comme un sanglot l’émotion du premier concert, la stupeur devant les effets spéciaux d'un ‘live’ et du travail de la chorale, des chorégraphes, des danseurs, des costumiers, des musiciens, des ingénieurs des lumières… Le premier approche à la langue anglaise afin de pouvoir mieux manier les textes, le premier vidéo-clip réalisé comme s’il s'agissait d'un film. Revient  en surface la mode de l’époque (l’armoire remplie d’épaulettes et oripeaux) et celle qu’il dictait, (chapeaux, mocassins, vestes, paillettes, clous, gants…) une manière de danser qui, malgré elle venait remarquablement reproduite, sentait toujours et seulement d'imitation.

Le monde attendait de le voir bouger sur la scène de l’Arène à Londre et beaucoup étaient déjà prêts à montrer du doigt les éventuelles lacunes de son retour,  mais l’exhibition a été  celle d’un cercueil plaqué or, placé au centre du ‘Staples Center’ de Los Angeles et personne ne s’est abstenu de faire des applaudissements. En premier lieu l’abattage et puis la construction du monument et le typique traitement réservé aux hommes de talent.

Personne ne sait si ses dernières volontés contemplaient une cérémonie aussi peu intime, si vraiment il désirait que pour l’énième fois son corps soit traité comme un évent médiatique. Peut-être il aurait préféré les paroles de ‘Leave me Alone’ à celles de ‘Heal the world’ et le laisser en paix aurait été le meilleur moyen de lui montrer du respect. Certes, la volonté des fans a été respectée, ces mêmes fans pour lesquels l’affection déborde quelquefois dans le voyeurisme, sans parler de celle de la famille, avec son innée propension à l'ostension ; tout était parfait durant la commémoration, même les larmes, et pour le grand final, elle a bien pensé de sevrer aussi la petite Paris, appétissante cerise de ce reality, juste avant suggestionnée par les tributs, ensuite, poussée aux micros afin d’émouvoir les cœurs des spectateurs et élever leur degré d'appréciation.
 
Déjà, les jours précédents les funérailles, le scénario était encore plus irréel que l’élection du premier afro-américain à la présidence des États-Unis d'Amérique. Une multitude de cameras de télévision plantées a l’extérieur, une myriade de personnes en provenance de chaque pays, policiers disloqués à chaque angle, murs de dédicaces, cors et stéréos à haut volume, statuettes, affiches, bougies, la planète synchronisée sur un cercueil comme si le monde entier s’était  réveillé d’un enchantement, comme si tout à coup il ait trouvé le courage d’exprimer son jugement sur la personne de Michael après les écoeurements et  les silences montrés lorsque il a été insinué le doute qu’il s'était tâché d’impardonnables crimes.

Tout ceci servira au moins a donner à Michael ce qui était de Michael. On pouvait l’aimer ou le détester, le comprendre ou le condamner, mais personne ne peut nier son énorme contribution. Il n’y a pas eu de chorégraphe, durant ces derniers trente ans, qui n’ait pas été influencé par ses pas. Il n’y a pas de danseur qui ait exactement compris ce qu’il faisait, sinon quand il prenait la peine de montrer lui-même chaque mouvement, comme ceux de  l’antigravitation de  ‘Smooth criminal’, ‘Moonwalk’, ‘Sidewalk’, ‘Skywalk’, ainsi que toutes les possibles coordinations lunaires. Il était innovateur, absolument original, magnétique pour le naturel avec lequel il réussissait à fondre le rythme à son corps. L’expression d’enfant tatouée  sur son visage, tellement fragile, asexué, intimidé par les autres ainsi que par son ombre et en même temps extrêmement sûr de lui, sensuel et extroverti sur scène. C’était ça sa transformation la plus incroyable, encor plus de celle de son visage bien trop facile à critiquer.  

Comparer Michael Jackson aux Beatles ou à Elvis ne signifie pas lui reconnaître la même caricature artistique. Il s’agit plutôt d’admettre que, comme eux, il a exercé le maximum d’influence dans la période historique durant la quelle il a opéré. Si son pop était artifice, ce qui compte est que cet artifice a été l’expression d’une époque, ces années ’80 tellement différents des ’50 et des ’60. Et puis, à l’intérieur de ce produit commercial, combien de bravoure, professionnalisme et pionnierisme dont le monde discographique d’aujourd’hui réussira, peut-être, à en faire trésor.

L’analyse du phénomène doit se conduire soit sur le plan musical que sur le plan sociologique comme seulement la revue ‘Billboard’ a su faire jusqu’aujourd’hui. Michael Jackson a porté prospérité à la Epic e donc à tous les projets sur lesquels l’étiquette a investi par la suite.  ‘Don’t stop ‘till you get enough’, en 1979, avait bouleversé le système radiophonique, il avait été  transmis soit du côté des radios pop que du côté des R&B, chose qui se passe normalement aujourd’hui mais non pas à l’époque, lorsque la subdivision entre genres était bien nette. ‘Thriller’ avait ouvert la route à la lancée internationale des disques (jusqu’à alors limitée au milieu national) elle avait changé les mécanismes discographiques en démontrant qu’un bon album pouvait rester au classement beaucoup plus de 6 mois (jusqu’à alors aux maximum 3) . Le vidéo de ‘Billie Jean’ avait fait éclater en mille morceaux les barrières raciales. Jusqu’au 1983, en effet, Mtv était considérée un canal extrêmement discriminatoire car il excluait de la rotation les vidéo des afro-américains. A partir de là tout a changé, la programmation R&B fut insérée aux côtés de la ‘Rock’n roll’. C’est pourquoi, se concentrer sur le blanchissement de la peau de Michael durant toutes ces années a détourné le regard de faits décidément plus importants, comme  par exemple que la foule de fans et d’artistes qui leur payait  tribut est multiethnique et qu’en Sud Afrique, en pleine Apartheid, Thriller a vendu deux millions de copies a un publique mixte en rapprochant un pays divisé en deux.

Lorsque l’armée de zombies de ‘Thriller’ était en onde, les visites sur le canal se multipliaient par trois. Ainsi, l’industrie du disque comprit que le publique venait capturé par les vidéo-clips de qualité. Michael fut le premier a s’intéresser à l’extension visuelle de la musique au point qu’il traitait ses vidéo comme des ‘courts-métrages’ e leur donnait une importance qui était égale à celle de ses chansons. D’autre part, ‘Thriller’, fut le premier vidéo qui a été tourné par un réalisateur cinématographique (John Landis) et le documentaire sur sa réalisation avait vendu un million de copies, ouvrant les portes au marché des ‘home videos’ musicaux. Le disque était un exemple de transversalité, il balançait R&B, pop, disco, funk, rock, (il y avait Van Halen qui jouait en solo ‘Beat it’ et Stève Lukather à la guitare rythmique), il est devenu le premier succès planétaire de fusion de styles. Ces découvertes détermineraient, sans distinction, le parcours de tous les artistes à venir.

Pour ce qui est de la question humaine on peut par contre en discuter, en se limitant cependant à des opinions personnelles puisque Michael est sorti propre du procès pour pédophilie. Qui argumente qu’il a payé pour rétracter les accusations, est appelé a utiliser la même véhémence contre qui a été disposé a offrir un horripile silence en échange d’argent, en laissant ainsi un ‘monstre’ à pied libre.

Ses comportements n’étaient certainement pas normaux, mais normal n’est pas non plus ce que le publique exige d’une icône en rendant presque inaffrontable son quotidien. On ne peut pas non plus définir de normal la situation dans laquelle se trouve une personne qui ne connaît personne et pourtant elle rencontre des milliers de personnes convaincues de la connaître. Normale n’est pas non plus la quantité d’argent qu’un artiste de ce genre encaisse, ni le numéro de requins que ses poches attirent.

Pour comprendre son excentricité dans sa vie, il suffit de suivre les événements enchevêtrés à sa mort, un feuilleton qui ferait pâlir les plus farfelus des réalisateurs, un vase de Pandore sans fond, une saga triste où le protagoniste n’a pas de voix pour démentir les ragots, et les vérités sont combattues entre des personnages douteux qui ne décèlent pas leur avidité, témoins indélicats qui n’agissent ni dans son intérêt ni pour celui de ses orphelins. Chacun parle du haut de sa confiance avec l’artiste et mire en bas, sa famille décèle des comportements qui s’éloignent des années lumière de la coutume. Toutes les causes de l’absurdité du personnage et de l’homme sont défilées sur l’autel profane du ‘Staples Center’. Les parents, absents depuis des années, se sont rétrécis comme par hasard autour de lui, les mêmes que, lors de la nouvelle de sa mort, ont téléphoné à l’ex tata pour savoir où il cachait l’argent… Un père qui a abusé de lui en vie et qu’après sa mort a utilisé les interview comme tactique auto-promotionnelle, en se souvenant de Michael dans de termes de grand artiste mais jamais comme son fils... Et en dehors, une manipulation de percepteurs qui exploitent sa connaissance afin d’en tirer du gain, qui a été payé pour taire maintenant moucharde tout, se sentant fort grâce à l’attention des média.

Se hérissent à rafale des déclarations qui rendent impossible de comprendre si son retour sur scène aurait été une sorte de rachat, un moyen pour solder les dettes ou plus simplement pour montrer à ses enfants ce qu’il savait encore faire sur scène, s’il était innocent ou sans scrupules, éternel enfant ou orque, amant passionné (comme le dit son ex-femme Lisa Presley) ou intolérant à n’importe quel contact physique avec les femmes. Cette confusion d’informations ne fait autre que délinéer une figure d’homme à chaque fois différente et de par ce puzzle qui n’emboîte pas ses pièces, l’unique vérité qui émerge est que le Roi du Pop était vraiment tout seul à cour.

Le succès porte à la solitude. Les gens pensent que les Star on de la chance, que rien ne leur manque, qu’elles peuvent tout faire, mais la réalité est bien différente… - ‘Je crois que je suis la personne la plus seule au monde’ écrivait Michael sur le livre ‘Moonwalk’. La solitude lui a fait construire un monde succédané. L’entrée de sa ‘Neverland’ était la porte magique pour une fable dans la quelle les formes, les couleurs, les individus, étaient finalement comme il le désirait. En dehors de la scène il n’y avait pas de normalité mais un parc de divertissements, le carrousel à travers lequel récréer une enfance perdue. Ainsi, étranger à la réalité, il obligeait ses pensées à tricher en niant l’évidence de sa métamorphose physique, il engloutait des pilules comme des pop corn devant la projection de son existence.

Quand les personnes s’en vont, malgré leurs vies ont été offusquées par des ombres, elle brillent toujours d’une lumière particulière. Si jusqu’à aujourd’hui Michael était seul, la mort l’a cristallisé en un être unique.

 

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