Peinture : Christian Robert Welter

Huile sur bois
89 x 116 cm
Collections du Vatican

Méditation du livre sacré

Aux rires des oiseaux sous le ciel sans nuages,
Le soleil du matin allume un volcan dans l'eau sage.
La nature mêle une âme confiante à la vallée éveillée
Qui se remplit de bruits sonores divers.
Elle déchiffre l'alphabet des animaux
Et articule sur l'air doux les voyelles des oiseaux.
Elle parle toutes les langues des hommes,
Des plantes, des arbres et des animaux.
Une respiration blanche s'élève de la surface de l'eau,
Le soleil laisse couler ses pensées et vient percer
Des lames de lumière aux pieds des sapins verts.
Il saigne ambré dans le noir du lac,
Lui offrant le bien ruisselant d'une chaleur douce.
L'âme se teinte de cuivre sang,
Une bouche froide vient se promener
Au creux de l'étang qui s'ébroue.
Le jour apparaît lavé de tous les tourments de la nuit.
Le soleil a sur le front une auréole incendie,
Son âme arrive sur la terre, chargée
D'un feu fécond dans son absolu amour,
Il porte aussi la mort dans sa combustion,
Il entre dans mon cœur de femme
Qui espère la journée sincère.
Comme chaque matin, il oublie les mensonges des humains
Et se livre à eux les pieds ensanglantés.
Sur l'œil de l'homme, une lueur brille
Eclairant son regard de nuées de vies multiples.
Mais sa course irraisonnable des possessions matérielles
Lui ôte la vue de l'essentiel.
Il va sur les ténèbres du jour,
Aux vices, aux crimes et aux jalousies.
Dévoré de son égoïsme, il est souvent mort vivant.
L'orgueil se traîne avec lui comme un ami fidèle,
Une torche de haine cachée dans les poches.
Sous ses pieds, une vipère surgit et
Envenime son cœur d'humain.
Entre Dieu et les hommes se réchauffe Satan
Qui vend aux enchères le feu de l'unique paix.
Ailleurs, la guerre brûle les corps,
Un homme tombe encore dans la colère du ciel,
Elle cloue les âmes sur les murs des lamentations.
L'encre des écrits sacrés se dilue aux lèvres séchées,
La vie jette un œil sur le jour,
Croisant les mains pour prier en vain.
La foule d'humains, dans sa folie, chante un hymne d'amour,
Les mains liées au-dessus des têtes,
Cette foule supplie les bourreaux,
Les tueurs et les chasseurs de poser les armes.
La lumière est éternelle, se levant les matins sans fin.
L'amour est une arme couler du sang qui,
Entre les jambes des femmes, porte dans les ventres
Les embryons de vies variées.
Le soleil fait la lecture à la terre,
Tous les matins, il perce le ciel bleu,
Il ânonne les buissons, les herbes et les arbres,
Il dessine des dentelles et de fleurs sur la robe blanche de Dieu.
Je déchiffre la parabole cachée du joyau brillant,
Et sous mes yeux se feuillettent les pages du livre sacré.
Je rêve d'un monde meilleur
Où l'homme tremble de sa foi se délivrant du mal
Qu'il ne veut plus faire.
Je lis à la transparence des champs verts,
Un à un, ils crient leur ultime prière.
Nous abîmons la terre sous nos pieds,
Nous polluons l'air de nos pensées malades,
Un requiem s'écroule sur les branches de nos forêts.
Chaque être devrait se réveiller
A la lumière de sa conscience.
Tout est plein de jour
Même à la nuit un rayon de lune luit.
Sur les étincelles de la méditation,
L'étoile de la perception vient se fondre au savoir.
La plaine féconde l'herbe qui pousse,
L'eau nourricière aide les fleurs à germer,
La terre, à elle seule, est une œuvre où rien ne s'arrête …
Tout est plein de vérité sur le livre de l'univers
Et les maux sacrés de la planète tuent celui qui va à contre sens.
Les bêtes, l'épi de blé, l'aile des oiseaux,
Le souffle du vent, crient le mot suprême « Amour »
Dieu écrit comme il peut sur l'incendie des esprits.
Devant cette éternelle flamme,
Je m'éblouis m'offrant un calice d'un vin épanoui.
Les fleurs pucelles de ma pensée se sèment dans mon cœur.
Sur mon front, éclate la vérité des roses de l'humanité.
Ma chair est de la même couleur de celle de tous les autres humains,
Chaque jour elle se fait cendre.
Mon âme ne sera blanche que dans mon tombeau.
Je suis humaine, je traîne ma peine.
Aveuglée, le soleil m'invite à continuer
La lecture de son livre sacré …


A Jean Paul 2|
Julienne Pinkiewicz|Avril 2005

Plume d'Or du mois d'avril :

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Le Livre Ouvert de la Vie et sur son site : Au fil de l'eau

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